Elle se situe à la Chaussée de Bruxelles, 125, à l'angle de la rue des Matelots à Ath.
C'est en 1570 que fut édifiée une chapelle par Jean Gobert, pelletier, bourgeois d'Ath, à l'angle
du chemin d'Enghien( remplacé vers 1570 par la chaussée rectiligne qui coupe les hauteurs du
bois du Renard) et du " chevauchoire " de Lanquesaint ( actuellement rue des Matelots).
Elle reçut le nom de chapelle Gobert. Durant les guerres de religion, cette chapelle fut ruinée
et abandonnée. Comme l'indique l'inscription de 1623 conservée dans la chapelle actuelle,
la confrérie athoise des pèlerins de Lorette ont réédifié cette chapelle et lui ont donné le nom
de " Chapelle Notre- Dame de Lorette ".
En 1681, il y a fondation du sanctuaire par Robert de Hautport, Chanoine de Cambrai,
avec une messe journalière et catéchisme les dimanches et fêtes aux enfants du hameau.
La chapelle devient une succursale de Saint Julien.
A la Révolution, la chapelle est nationalisée et vendue le 21 ventôse an VII ( 9 mars 1799 )
En 1802, Ferdinand Marie achète la chapelle aux héritiers Durez dans l'intention de la rendre à
l'église. Il la cède aux habitants du Faubourg de Bruxelles.
Faute d'entretien, le sanctuaire tombait en ruine et en 1903, on décide de reconstruire la chapelle
en style néo - gothique. La nouvelle chapelle fut inaugurée le 27 septembre 1903 par Mgr Walravens,
évêque de Tournai.
Les témoins du passé :
De l'antique construction, on conserva la cloche, les deux pierres enchâssées dans le mur, à gauche
et à droite du porche actuel et la statue de la Vierge.
La cloche, fêlée et inutilisable, a été cédée au Musée Athois par la Fabrique d'Eglise de Saint - Julien.
D'un diamètre de 48 cm, elle porte l'inscription suivante : (offerte) par les confrères de Notre- Dame
de Lorette, faite par Jean Jacob, à Ath, 1717. Nom du parrain : Jean -Baptiste Regnard ;
de la marraine : Marie -Thérèse Dufour.
Pour les deux pierres enchâssées : la petite de gauche provient de l'ancien pavement.
On y lit : " Ici repose Jacques Campion, père récollet, mort au service des pestiférés; 3 juin 1668. "
Le nom propre est suivi des lettres P.C., ce qui pourrait signifier " Père Capucin ",
appellation populaire regroupant les familles religieuses d'inspiration franciscaine.
La seconde inscription concerne l'histoire de la chapelle : " Les confrères de Notre- dame de Lorette
qui ont fait le voyage en Italie, ont réédifié cette chapelle en l'honneur de Dieu et de celle-ci
en l'an 1623. Leurs membres : Jean Derly et Jacques Devergnies. "
La statue de la Vierge est en bois polychrome, haute de 80 cm, et daterait du 15ème siècle.
Elle est un fidèle reflet d'une sculpture hennuyère type. Dans la revue mensuelle " La guirlande de Marie "
d'octobre 1903, on peut lire que la statue fut restaurée par les " artistes de l'école Saint -Luc de Tournai
qui l'ont si brillamment décorée ( ravivé la polychromie sans doute)
( à partir d'articles sur l'histoire de la Chapelle Notre- Dame de Lorette, par Pierre Herman,
préfet honoraire de l'Athénée Royal d'Ath, parus dans "Le Courrier de l'Escaut " en 1982.)